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La lecture d'un dossier intitulé "Ne m'appelez plus webagency" paru récemment sur le Journal du Net amène des éléments de réflexion intéressants sur l'évolution des travailleurs du web.

Intéressants de la mesure où on a vécu une rationalisation sévère suite à l'éclatement de la "bulle Internet". Il n'y a qu'à voir le tableau dudit dossier pour voir que la moitié des 20 plus gros acteurs du marché en 2000 a bon gré mal gré disparu.

N'allez plus chez le généraliste

A mon sens, ce "dossier" (enfin 3 interviews, 1 tableau et 1 analyse, quoi) pointe du doigt une réalité ambivalente : la spécialisation des métiers.

L'analyse du JDN le met en exergue : "Les prestataires Web ont dû se spécialiser pour survivre". En fait, pour être plus précis, disons que les prestataires web ont dû se spécialiser encore un peu plus. En effet, à la belle époque, tous les groupes de communication se sont empressés de créer leur propre division labellisée "interactive", les fameuses web-agencies (sans que cela n'ait bien souvent un véritable sens). Tout-en-un, trop grosses, trop nombreuses, (trop fumeuses) pour un marché pas si énorme que ce que l'on a tenté de nous faire croire. La sélection a été rude, aussi brutale que le décollage avait été fulgurant.

La solution a bien souvent consisté à venir se mettre à l'abri dans les jupons de la maison-mère pour passer l'orage, dégraisser et externaliser le boulot à des freelances ou à des SSII en espérant (à raison) que ce soit eux qui paient les pots cassés. Le métier Internet passait du statut d'exception à celui de métier de la communication comme un autre (print, tv, radio).

On se retrouve donc de plus en plus avec une structuration du marché telle que Bernard Bailly la décrit : des petits projets gérés par des petites structures indépendantes et des gros projets pensés en agence de pub et exécutés par des intervenants extérieurs, freelances ou SSII.

Plus qu'une restructuration du marché

Le dossier du JDN fait pourtant un peu l'impasse sur un autre aspect de la mutation du marché : le profil des gens qui y travaillent ! D'ailleurs il me semble que ce profil suit un cheminement relativement parallèle à celui de l'évolution générale : embauches massives d'autodidactes ou de reconvertis correctement payés puis sélection impitoyable des profils avec des salaires revus à la baisse faute de budget. La bête loi de l'offre et de la demande en somme.

Quelle évolution prévoir pour les quelques prochaines années (je doute que l'on puisse voir plus loin dans notre domaine et Elisabeth Tessier n'était pas disponible au moment où je vous écris ces lignes) ? Tandis que Fred voit un retour en force du Flash, je pense pour ma part que l'assainissement du marché ne pourra passer que par l'émergence de profils communs à beaucoup de bloggueurs autour de moi. Que ce soit au sein d'une agence de communication ou à la tête de développeurs web dans une SSII, le marché a besoin de personnes ayant une vision à la fois généraliste de la communication et spécialiste dans les bonnes pratiques du web (au-delà des simples standards du web : ergonomie, sémantique, accessibilité, etc.). Marché assaini, budgets raisonnables, profils bien définis, c'est sans doute ce qui conditionne l'arrivée à maturité du web...

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